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François Roussely Président d'Electricité de France |
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La construction d'un groupe mondial, multiénergie et multiservice, opérant dans une compétition ouverte, est passée du projet à la réalité : avec 25 % de notre chiffre d'affaires hors du marché français de l'électricité, nous sommes déjà en 2000 à mi-parcours de l'objectif de 50 % que nous nous sommes fixé pour 2005. Un succès qui résulte du dynamisme des entreprises du groupe, dont la contribution au chiffre d'affaires consolidé est passée en un an de 4,1 à 6,5 Md d'Euros, ainsi que de la compétitivité de l'appareil de production en France, dont les exportations ont atteint le niveau record de 77,3 TWh sur un marché européen très concurrentiel.
Les objectifs du contrat d'entreprise 1997 - 2000 avec l'Etat ont été réalisés voire dépassés : en quatre ans, le chiffre d'affaires consolidé a augmenté de plus de 18 % ; la dette nette d'EDF a diminué de 39 %, entraînant une diminution de l'endettement net consolidé de 19 % dans une période de forte croissance par acquisitions ; les participations directes d'EDF ont augmenté de 38% passant de 7,6 à 10,4 Md d'Euros ; la baisse des tarifs en France a été de 14 % en francs constants.
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Le résultat net après impôt et avant rémunération de l'Etat, avec 1,2 Md d'Euros, est égal à celui de 1999. Bien qu'important, il n'est pas à la hauteur de nos ambitions. Il marque un tassement de la rentabilité d'EDF en France, confrontée à
un chiffre d'affaires stagnant et à une hausse de ses charges.
Celle-ci est due au renchérissement des matériels après les tempêtes de 1999, à un rythme d'embauche accéléré pour réparer le réseau et à des obligations d'achat d'électricité de cogénération en augmentation de 0,3 Md d'Euros. Les mesures correctives sont en place, notamment une politique d'achat renforcée et contrôlée pour l'ensemble du groupe.
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En France, le contexte s'est profondément renouvelé avec la loi du 10 février 2000, qui refonde le service public de l'électricité et organise l'ouverture du marché à la concurrence. Un nouvel organisme, la Commission de Régulation de l'Electricité, vient établir entre EDF et l'autorité publique des relations modernisées, davantage fondées sur la régulation. Le réseau de transport d'EDF, devenu RTE, prend son autonomie de gestion pour assurer l'égalité d'accès de tous les opérateurs aux lignes de transport. L'ouverture du marché français, effective depuis juin 2000 pour les sites consommant plus de 16 GWh, concerne 30 % de nos ventes. La mobilisation de nos équipes commerciales et la compétitivité de notre offre nous ont conservé la confiance de 95 % de nos clients éligibles.
EDF participe activement à cette ouverture du marché français qui conditionne son développement, en offrant à ses concurrents une véritable réciprocité. Nous avons par exemple révisé nos contrats d'interconnexion avec le Royaume-Uni, la Suisse, l'Italie et l'Espagne de façon à garantir le libre accès aux réseaux. Nous avons également préparé notre sortie des entreprises électriques SNET et CNR. Nous travaillons enfin à la création d'une place de marché de l'électricité en France.
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L'ouverture des marchés et la recomposition rapide du secteur sont un phénomène mondial dont notre groupe tire parti pour alimenter sa croissance, élargir sa base géographique et ses métiers, afin d'apporter à ses clients les offres globales d'énergie et de services qu'ils attendent.
L'année 2000 représente un progrès décisif dans la réalisation de cette politique : abandon d'actifs non stratégiques (immobilier), montée au capital des sociétés où nous voulons exercer toute notre responsabilité d'industriel, comme Light au Brésil, consolidation de London Electricity par acquisition d'unités de production, acquisitions en Pologne
et en Hongrie, investissements au Mexique. Au total, les entreprises du groupe hors de France gèrent 20 millions de clients et un parc de 34 000 MW.
Deux opérations surtout ont marqué l'année. La première, définitivement établie en février 2001 mais préparée tout au long de 2000, concerne l'achat de 34,5 % du capital du 3e électricien allemand, EnBW. Ainsi nous accédons à ce marché capital et, aux termes d'un pacte d'actionnaires, intégrons cette société dans notre stratégie mondiale.
La seconde, en décembre, est l'élargissement de notre portefeuille d'activité avec Dalkia, fruit d'une alliance industrielle avec Vivendi Environnement. Dalkia, leader européen des services énergétiques aux entreprises et aux collectivités, fédérera les compétences de nos filiales spécialisées pour apporter des solutions intégrées à nos clients industriels.
Le succès de cette stratégie est déjà au rendez-vous. Après une année d'exercice, EDF Trading positionne notre groupe parmi les grands négociants d'énergie européens : 60TWh d'électricité, 10 Mt de charbon et l'équivalent de 100 TWh de gaz négociés dans 11 pays, avec une contribution au chiffre d'affaires de 0,2 Md d'Euros. Au total, les entreprises du groupe contribuent pour plus de 14 % à son résultat net, au lieu de 9 % en 1999. Ce résultat souligne que nos investissements sont opérés avec un souci premier de rentabilité.
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Ce vaste mouvement de transformation du groupe trouve son origine dans l'excellence du service public, que nous modernisons pour répondre toujours mieux aux attentes de tous. Le formidable élan de solidarité après les tempêtes de 1999, la rapide remise en état du réseau, les initiatives locales montrent à cet égard sa vitalité.
C'est un service public ouvert qui veut s'enrichir de l'expérience acquise. Par exemple, la concertation après les tempêtes a abouti à une vision commune avec les collectivités locales sur la sécurisation du réseau et a débouché sur la création d'une force d'intervention rapide, FIRE, toujours prête à intervenir en tous lieux du territoire.
Un service public qui devient plus souple, plus disponible : centres d'appel ouverts en permanence, horaires d'accueil et d'intervention élargis.
Un service public encore plus solidaire : interventions en partenariat avec des ONG en direction des plus démunis ou recherche de solutions de terrain pour les clients en difficulté, multiplication par dix des moyens du Fonds Solidarité Energie en application de la loi du 10 février 2000.
Un service public qui s'élargit à de nouveaux horizons, en s'intégrant à la stratégie de développement durable du groupe pour faire vivre le droit à l'énergie, apportant une véritable valeur ajoutée aux clients d'Amérique latine ou d'Afrique du Sud et élaborant des solutions viables d'électrification par ENR de villages excentrés du Mali ou du Brésil.
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Toutes ces évolutions de dimension, de rythme et de nature sont prises en compte dans le contrat signé avec l'Etat actionnaire en février 2001 : contrat de groupe et non plus d'entreprise, conclu pour trois ans et non plus quatre. De nouveaux défis s'ouvrent à nous : croissance dans un contexte toujours plus concurrentiel tout en maintenant notre ratio endettement / capitaux propres à un niveau inférieur à 1,25, exigence de rentabilité avec un ROE (rentabilité des capitaux propres) supérieur à 8 %, modernisation du service public, dans le plus grand respect de nos valeurs.
Notre réussite sera avant tout le fait des hommes et des femmes qui travaillent dans les 26 pays où le Groupe est présent. Car je suis persuadé que notre principal actif réside dans notre personnel, sa créativité, ses valeurs. C'est l'un des avantages concurrentiels d'EDF que d'être composé de professionnels dont l'expertise technologique et le dévouement humain sont reconnus à l'échelle mondiale. Ils sont à la base de tous nos succès et je les remercie des progrès qu'ils ont fait accomplir à notre groupe en 2000 pour la satisfaction toujours plus large de tous nos clients, qui sont aussi des citoyens.
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